Campagne internationale contre la disparition forcée au Mexique du 23 mars au 10 avril 2017 + Semaine disparition et résistance au Mexique / Exposition « Traces de la mémoire » – Au DOC du 1er au 9 avril 2017


CAMPAGNE INTERNATIONALE CONTRE LA DISPARITION FORCÉE AU MEXIQUE

La visite d’Alfredo López Casanova (sculpteur et membre du Collectif Huellas de la memoria / Traces de la mémoire) et de María de Jesús Tlatempa Bello (mère de José Eduardo Bartolo Tlatempa, l’un des 43 étudiants disparus aux mains de la police et de l’Armée mexicaine le 26 septembre 2014), s’inscrit dans le cadre de la campagne internationale contre la disparition forcée au Mexique, qui s’est déroulée à Paris du 23 mars au 10 avril 2017.

 

SEMAINE DISPARITION ET RÉSISTANCE AU MEXIQUE et EXPOSITION « TRACES DE LA MÉMOIRE »

Le dimanche 26 mars 2017, trente mois après la disparition des 43 étudiants de l’École normale rurale d’Ayotzinapa (Guerrero, Mexique), une première action symbolique a eu lieu devant l’Ambassade du Mexique à Paris, avec une banderole qui rappelle les 30 mois d’Ayotzinapa.

Puis un passage devant la Tour Eiffel a permis de faire circuler l’information sur l’exposition, avec Alfredo et María.

Puis un rassemblement « De Paris à Ayotzinapa, non aux crimes d’État ! » a eu lieu devant la Fontaine des Innocents, au centre de Paris, en mémoire aux 6 personnes tuées, aux nombreux blessés dont un étudiant dans le coma, et aux 43 étudiants qui demeurent disparus.

De nombreux collectifs se sont joints à l’appel pour dénoncer les violences d’État et l’impunité policière au Mexique, en France et ailleurs dans le monde : la Coordination des collectifs à Paris pour Ayotzinapa : Collectif Paris-Ayotzinapa (CPA), Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL), le Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA), Solidaires, Terre et Liberté pour el Arauco ; Bordamos por la paz ; le Collectif 8 juillet ; l’association Les nouveaux dissidents ; le Comité internationale contre les disparitions forcées et la torture – France (ICAD – France) ; le Collectif Guatemala – France.

La place a été décorée avec des broderies et des toiles de Bordamos por la paz et des chaussures de Traces de la mémoire ainsi que des photos des 43 étudiants. L’événement s’est déroulé de 15h à 20h, sous un soleil radieux.

Le lieu central du rassemblement a permis une grande visibilité de la manifestation. Les passants étaient intéressés et s’arrêtaient pour écouter.

Pendant plusieurs heures ont été évoqués les événements tragiques survenus à Ayotzinapa, la situation des disparus au Mexique et le projet « Traces de la mémoire ». Les prises de parole étaient rythmées par des chants en solidarité avec les étudiants d’Ayotzinapa.

Des témoins d’autres luttes ailleurs dans le monde ont pu s’exprimer : un camarade indigène invité par l’association Terre et Liberté a évoqué la situation des mapuche au Chili ; le CSIA a dénoncé la condition des peuples autochtones en Amérique du nord, notamment la construction d’un oléoduc dans le Dakota du nord ; le Collectif 8 Juillet a dénoncé les violences policières en France ; une camarade kurde de ICAD a pris la parole pour évoquer la situation des disparitions en Turquie ; le Collectif Guatemala a dénoncé l’incendie des 41 adolescentes le 8 mars dernier, jour international de la femme.

Le rassemblement s’est achevé sur la lecture publique des noms des victimes du Guatemala et de celles d’Ayotzinapa.

 

SEMAINE DISPARITION ET RÉSISTANCE AU MEXIQUE

La semaine « Disparition et résistance au Mexique », organisée en partenariat entre le CPA et le DOC, un espace de production artistique s’est tenue du samedi 1er avril au dimanche 9 avril.

Le programme a débuté le samedi 1er avril par une pièce de théâtre « Cuarenta y tres », mise en scène par la Compagnie II Palinsesto, puis suivie d’une rencontre avec les artistes.

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En début de soirée, l’exposition a été inaugurée avec une rencontre/débat autour de la disparition forcée au Mexique, en présence de Sabrina Melenotte (anthropologue EHESS/FMSH), de María de Jesús Tlatempa Bello et d’Alfredo López Casanova.

[Photos du débat]

Le vernissage s’est ensuite tenu dans la salle d’exposition du DOC, après un discours et le coupé du ruban.

[Photos du vernissage]

Tous les jours de la semaine, il était possible de visiter l’exposition de 17h à 20h avec des visites guidées avec le sculpteur et la mère du jeune étudiant disparu.

[Photos des visites guidées]

À cette occasion, plusieurs collectifs, journalistes et représentants non-gouvernementaux et institutionnels se sont rendus sur les lieux et ont réalisé des entretiens [voir infra].

Le samedi 8 avril, la journée a débuté avec la lecture « Chaînes de montage » de Suzanne Lebeau et réalisée par la Compagnie Les Indomptés, et a été suivie par un échange avec la Compagnie.

[Photos]

De nombreuses gravures du Collectif « Mujeres grabando resistencias » (Femmes gravant des résistances) ont été exposées pour dénoncer les féminicides et les violences de genre et le droit à l’autodéfense. Ce travail s’inscrit dans la Campagne #Vivas Nos Queremos (#On se veut vivantes), lancée au FEMINEM, festival d’art urbain et de graffiti, en juillet 2014 à Ciudad Juárez.

La journée s’est poursuivie par la projection de trois documentaires :

« Los Invisibles » (20’) d’Amnesty International, Gaël García Bernal et Marc Silver ;

« Running for Ayotzinapa 43 » (7 :58’) de Gustavo Martínez Contreras ;

« Buscadores » (6 :22’) de Pie de Página (Daniela Pastrana, Prometeo Lucero et Consuela Pagaza)

Les projections ont été suivies d’une discussion avec Pablo Gleason (Films d’Altérité et Festival Viseur), Gustavo Martínez Contreras (réalisateur) Camille et Diana (membres du CPA).

La soirée s’est poursuivie par un repas solidaire et les concerts de « Sofía, Esteban y sus compas » (chants populaires et révolutionnaires), « Cascabel SonFactory » (son jarocho), « A la diabla » (rock mexicain).

Le dimanche 9 avril, la semaine s’est terminée par une pièce de théâtre « Les filles du trois et demi » de Luis Enrique Gutiérrez Ortíz Monasterio, par David Le Rheun, Perrine Dauger et Delphy Murzeau, puis par une dernière rencontre avec Alfredo López Casanova et María de Jesús Tlatempa Bello.

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RENCONTRES AVEC LA PRESSE, LES ASSOCIATIONS et LES COLLECTIFS

Vendredi 24 mars : entretien au Centre culturel 104 de Florence Valdés, journaliste chez TV5 : « Des chaussures pour se souvenir des disparus mexicains »

Lundi 27 mars:

Mercredi 29 mars : entretien avec Elena Monges, correspondante chez « Aristegui Noticias » : « Huella de la memoria llega a Paris »

Jeudi 30 mars : visite guidée et entretien avec Antoine Chao, journaliste chez France Inter

Samedi 1er avril : visite guidée et entretiens

Lundi 3 avril : émission de radio à RFI par Florence Valdés, in “La Crónica cultural” de “Las voces del mundo”: « Ayotzinapa : zapatos usados para denunciar las desapariciones forzadas en México »

+ “Ayotzinapa: “No tenemos miedo”, la dignidad de una madre de los 43 desaparecidos

Mardi 4 avril : visite guidée et entretien avec Romain Houeix, journaliste chez France 24 : « Exposition : A Paris, un mémorial itinérant sur les « disparus » du Mexique »

Visite guidée de groupe avec Anne Boucher (ACAT), Anne-Marie Mergier (Correspondante Proceso), Joaquím Gatti (Collectif 8 Juillet)

Mercredi 5 avril : entretien de Clémence Olivier, journaliste chez Europe 1 : « 43 étudiants disparus au Mexique : « Nos enfants sont vivants, qu’on nous les rende » :

Visite guidée et entretien de Terre et Liberté

Entretien de Michel Eltchaninoff, Les Nouveaux Dissidents

Vendredi 7 avril : entretien de Pablo Gleason (Viseur/Films d’Altérité) et Sabrina Melenotte

Samedi 8 avril : émission