Chronologie


CHRONOLOGIE

26 septembre. Disparition de 43 étudiants à Iguala, dans l’ état de Guererro.

28 septembre 2014. Arrestation de 22 policiers à Iguala pour homicide.

29 septembre 2014. Manifestation de plus de 3 000  per – sonnes à Chilpancingo.

30 septembre 2014. Fuite de José Luis Abarca, maire d’Iguala, et de son épouse María de los Ángeles Pineda.

2 octobre 2014. Marche à Mexico à l’occasion de la com – mémoration du massacre des étudiants en 1968. La réappari – tion des étudiants est au cœur des exigences des manifestants.

3 octobre 2014. Le ministre de l’Intérieur, Miguel Ángel Osorio Chong, déclare qu’il s’agit d’une affaire locale. Les membres de la FECSM occupent les radios à Chilpancingo, bloquent les autoroutes et organisent des manifestations aux flambeaux.

4 octobre. Le gouverneur Ángel Aguirre Rivero et le pro – cureur de l’État de Guerrero annoncent que 28 cadavres, dont 17 d’étudiants, ont été trouvés dans six fosses clandestines à Pueblo Viejo. Les organismes de droits de l’homme dénoncent des vices de procédure de l’exhumation. À la demande des parents des disparus, l’EAAF débute un travail de recherche indépendante.

6 octobre 2014. Première allocution du président Enrique Peña Nieto au sujet de la nuit du 26 septembre, en raison de ses répercussions nationales et internationales. Le procureur général de la République, Jesús Murillo Karam, annonce que la PGR se charge de l’enquête. La police fédérale et l’armée assurent la sécurité d’Iguala. Prise du bureau du procureur du Guerrero par les étudiants.

8 octobre 2014. Première journée d’action globale pour Ayotzinapa. Mobilisations massives dans plus de vingt-cinq états du pays. Plus de vingt mille zapatistes défilent à San Cristóbal de las Casas, dans l’État du Chiapas. L’Union des peuples et organisations de l’État de Guerrero, fédération de groupes d’autodé- fense du Guerrero, commence la recherche des disparus dans les montagnes, en marge des recherches officielles.

11 octobre 2014. Des membres du Parlement européen demandent que la lumière soit faite sur les conditions de la mort des trois étudiants et de la disparition des 43 à Iguala, et que les négociations d’accords commerciaux avec le Mexique soient suspendues tant que la situation des droits de l’homme ne se sera pas améliorée.

13 octobre 2014. Étudiants, professeurs et parents brûlent le palais du gouvernement de l’État de Guerrero et la mairie de Chilpancingo. Grève de quarante-huit heures à l’Université nationale autonome de Mexico et mobilisations à l’Université pédagogique nationale. Le procureur général de la République, le ministre de l’Intérieur et des membres de la CIDH se réunissent. Les familles demandent à la CIDH une assistance technique internationale pour l’enquête.

14 octobre 2014. La mobilisation s’étend dans plusieurs États. Quatorze membres de la police municipale de Cocula sont arrêtés. Ils déclarent, selon les autorités, avoir participé à l’arrestation des étudiants et les avoir remis au cartel des Guerreros Unidos.

17 octobre 2014. Arrestation du chef des Guerreros Unidos, Sidronio Casarrubias, qui aurait commandité les disparitions.

21 octobre 2014. Prise de la mairie de Tixtla. Des membres de la Coordination régionale des autorités communautaires– Police communautaire bloquent l’entrée de la ville, où se déroule une manifestation de plusieurs milliers de professeurs, habitants et étudiants des écoles normales rurales de tout le pays. L’occupation de la mairie est lancée, pour une durée indéterminée. La journée se termine par l’incendie du siège du PRD.

22 octobre 2014. Deuxième journée d’action globale pour Ayotzinapa aux États-Unis, en Europe, en Amérique latine et dans tout le Mexique. Nouvelles grèves de quarante-huit heures dans les universités de Mexico. Gigantesque manifestation à Mexico. Le procureur général de la République présente son premier rapport d’enquête. Selon lui, les responsables des faits – José Luis Abarca, María de los Ángeles Pineda et l’ex-directeur de la sécurité publique d’Iguala, Felipe Flores – sont aussi membres des Guerreros Unidos.

23 octobre 2014. Accusé de corruption, le gouverneur de l’État de Guerrero, Ángel Aguirre Rivero, présente sa démission.

24 octobre 2014. L’assemblée nationale populaire, convoquée par les étudiants d’Ayotzinapa, décide d’occuper 81 mairies et de créer des conseils municipaux populaires.

26 octobre 2014. Rogelio Ortega est nommé gouverneur intérimaire de l’État de Guerrero.

27 octobre 2014. Les fonctionnaires de la PGR et des militaires annoncent avoir trouvé des restes humains incinérés dans la décharge de Cocula. Les militaires et la police fédérale interdisent aux journalistes l’accès au site. Quatre membres des Guerreros Unidos sont arrêtés.

29 octobre 2014. Rencontre entre les parents des disparus et le président Enrique Peña Nieto, après laquelle les parents disent ne pas faire confiance aux recherches officielles et attendre des résultats, pas des promesses. 3 novembre 2014. Quarante-trois représentants d’organisations civiles partent d’Iguala pour une marche de 191 km jusqu’à Mexico. 4 novembre 2014. Arrestation à Mexico de José Luis Abarca et de María de los Ángeles Pineda.

5 novembre 2014. Troisième journée d’action globale pour Ayotzinapa. 115 établissements d’enseignement supérieur entrent en grève pour trois jours.

7 novembre 2014. La PGR présente le deuxième rapport d’enquête selon lequel les étudiants ont été tués et incinérés dans la décharge de Cocula par des membres des Guerreros Unidos. La thèse présentée est aussitôt rejetée par les parents des disparus.

12 novembre 2014. La PGR envoie au laboratoire de l’université autrichienne d’Innsbruck les restes humains trouvés dans la décharge de Cocula. Les représentants des familles et du gouvernement signent un accord pour que la CIDH apporte une assistante technique aux recherches.

13 novembre 2014. Parents et étudiants d’Ayotzinapa lancent la Caravane nationale pour les 43 disparus, formée de trois groupes qui vont parcourir l’État de Guerrero, ainsi que le Nord et le Sud du pays à la rencontre des autres mouvements sociaux.

18 novembre 2014. Le président déclare que les manifestations pour les 43 étudiants visent à déstabiliser le pays et son gouvernement.

20 novembre 2014 (date anniversaire de la révolution mexicaine). Manifestations massives dans de nombreux États du pays et en particulier à Mexico. Attaque du palais national en fin de journée. Trente-et-une personnes sont arrêtées.

21 novembre 2014. Troisième rencontre entre les parents et les autorités fédérales. Annonce de l’arrestation de Cesar Nava González, ancien sous-directeur de la police de Cocula, pour sa participation supposée à la disparition des 43 étudiants. 1er décembre 2014. Grande manifestation à Mexico. 6 décembre 2014. On apprend que l’analyse génétique réalisée à l’université d’Innsbruck a permis d’identifier l’ADN de l’un des disparus, Alexander Mora Venancio.

7 décembre 2014. Selon la PGR, l’identification de l’ADN d’Alexander Mora est la preuve que les étudiants ont été incinérés à la décharge. L’EAAF dément  : rien ne prouve que les restes identifiés proviennent réellement de la décharge de Cocula, car aucun expert indépendant de l’EAAF n’était présent.

10 décembre 2014. Les parents des 43, leur avocat et des étudiants d’Ayotzinapa tentent d’entrer, sans succès, dans le 27e bataillon d’infanterie.

16 décembre 2014. Les parents des disparus suspendent le dialogue avec le gouvernement fédéral après la répression par la police fédérale d’un concert de solidarité organisé à Chilpancingo.

23 décembre 2014 au 3 janvier 2015. Durant le festival mondial des résistances et des rébellions organisé par les zapatistes et le Congrès national indigène, les parents des morts et des 43 disparus d’Ayotzinapa deviennent les invités d’honneur, en lieu et place de la délégation zapatiste.

12 janvier 2015. Manifestation devant la caserne du 27e bataillon d’infanterie, dont les parents et les étudiants forcent l’entrée, ce qui donne lieu à des affrontements. Six d’entre eux sont blessés. María de los Ángeles Pineda est condamnée à une peine de prison ferme.

13 janvier 2015. Le ministère de l’Intérieur annonce que les portes des casernes seront ouvertes aux parents des étudiants, si l’armée donne son accord. Celle-ci pose son veto les jours suivants.

15 janvier 2015. Arrestation de Felipe Rodríguez Salgado, dit El Cepillo, le supposé bras droit du groupe Guerreros Unidos.

6 janvier 2015. Nouvelle journée de mobilisation dans tout le pays. Parents et élèves d’Ayotzinapa dénoncent le financement des campagnes électorales par le crime organisé, et appellent à empêcher la mise en place des élections.

27 janvier 2015. Le procureur général de la République expose sa version de la « vérité historique » en conférence de presse. Les familles la rejettent aussitôt. Six personnes supplémentaires sont arrêtées, parmi lesquelles l’ex-secrétaire de la sécurité publique d’Iguala, Felipe Flores.

30 janvier 2015. La CIDH nomme le GIEI pour suivre l’enquête.

2 février 2015. Les parents se rendent à Genève et dénoncent devant la Commission contre les disparitionsforcées la manipulation de la supposée « vérité historique » et le manque d’avancées.

8 février 2015. L’EAAF, qui intervient à la demande des parents, démontre l’invalidité de la thèse de la décharge pré- sentée par les autorités.

19 février 2015. Les étudiants attaquent au cocktail Molotov la caserne militaire de Chilpancingo.

26 février 2015. Le procureur général de la République Murillo Karam, vivement critiqué, est remplacé par Arely Gómez.

2 mars 2015. Arrivée du GIEI au Mexique, qui rencontre les familles des disparus et commence l’analyse de l’enquête.

14 avril 2015. Le GIEI demande au Sénat une réforme de la Constitution concernant la disparition forcée.

29 avril 2015. Le Congrès obtient l’autorisation de légiférer sur la disparition forcée et la torture.

11 mai 2015. Le GIEI publie un rapport préliminaire dans lequel il est rappelé que de nombreuses demandes sont restées sans suite (telle que la demande d’entretien avec le 27e bataillon d’infanterie).

19 mai 2015. Le ministre de l’Intérieur annonce que le GIEI ne pourra pas interroger les membres du 27e bataillon d’infanterie.

26 mai 2015. Le ministère de la Défense explique qu’il est impossible de donner des informations sur les commandements militaires concernés par le cas Ayotzinapa car cela mettrait en péril les actions réalisées dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic et la délinquance organisée.

7 juin 2015. Assassinat par la police fédérale d’Antonio Vivar Díaz, étudiant membre du Mouvement populaire du Guerrero, dans le cadre des mobilisations survenues en période électorale.

29 juillet. Pris quelques jours auparavant dans une rixe avec un des pères des disparus durant une manifestation à Iguala, le colonel José Rodríguez Pérez, en charge du 27e bataillon d’infaterie, est muté. Il sera promu général-brigadier quelques mois plus tard.

6 septembre 2015. Le GIEI publie son premier rapport. Il dénonce les nombreux manquements de l’enquête, et démontre qu’il est scientifiquement impossible que les étudiants aient été incinérés. Il dénonce également la perte et la dissimulation de preuves, et propose de nouvelles pistes de recherche.

16 septembre 2015. Le laboratoire d’Innsbruck annonce que les restes prélevés dans la rivière San Juan correspondent à l’ADN de Jhosivani Guerrero de la Cruz, l’un des 43  étudiants disparus. Pour le gouvernement, c’est une preuve de la « vérité historique ». L’EAAF n’est pas du même avis. Gildardo López Astudillo, membre des Guerreros Unidos accusé d’avoir donné l’ordre de l’incinération, est arrêté.

24 septembre 2015. Nouvelle rencontre entre Peña Nieto et les parents, qui demandent la prolongation de six mois du mandat du GIEI et l’application de ses recommandations.

26 septembre 2015. Manifestations au Mexique et dans le monde entier.

5 octobre 2015. Salvador Cienfuegos Zepeda, du ministère de la Défense, déclare qu’il ne laissera pas la CIDH ni le GIEI interroger les militaires car ils n’ont commis aucun délit et ne répondent qu’aux autorités mexicaines.

20 octobre 2015. L’État mexicain et le GIEI signent un accord pour assurer le suivi du travail sur le cas Ayotzinapa. L’enquête, jusqu’à présent dirigée par l’Unité fédérale d’enquête spécialisée dans le crime organisé, passe aux mains d’une nouvelle équipe de recherche dirigée par Eber Omar Betanzos, le sous-secrétaire aux droits de l’homme de la PGR.

28 octobre 2015. La CIDH prolonge le mandat du GIEI jusqu’au 16 avril 2016.

29 octobre 2015. La police fédérale et l’armée mexicaine arrêtent Erik Ulises Ramírez, maire de Cocula, et Adán Zenén Casarrubias Salgado, l’un des supposés leaders des Guerreros Unidos.

4 novembre 2015. Le corps de Julio César Mondragón Fontes est exhumé, afin de déterminer les causes de sa mort, en présence de l’EAAF, des experts de la PGR et des observateurs de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).

17 novembre 2015. Début d’une campagne de discrédit contre Claudia Paz y Paz, membre du GIEI.

26 novembre 2015. Les familles et les proches des disparus commencent une occupation à proximité de la résidence officielle du président de la République, qu’ils tiendront jusqu’au 1er décembre.

27 novembre 2015. L’unité spéciale de recherche du cas Ayotzinapa débute ses fonctions.

6 décembre 2015. Le GIEI présente les premières avancées de la seconde partie de son mandat. Il insiste sur l’impossibilité de l’incendie dans la décharge, en s’appuyant sur de nouvelles photos satellites et une étude météorologique.

5 janvier 2016. La campagne de discrédit contre les membres du GIEI se poursuit, cette fois contre Ángela Buitrago.

26 janvier 2016. Manifestation des parents avec le cercueil vide de Julio César Mondragón, pour dénoncer le fait que, depuis son exhumation, les analyses n’ont pas encore été réalisées.

9 février 2016. L’EAAF présente son rapport sur la décharge de Cocula et écarte à son tour l’hypothèse du bûcher.

21 février 2016. Le GIEI dénonce la fabrication d’une nouvelle version de la « vérité historique », des fuites illégales à la presse, le détournement d’informations qui met en danger de réelles avancées et les attaques personnelles qui visent à discréditer ses membres.

3 mars 2016. Les familles et les organisations forment des brigades de recherche à l’aide des mineurs en grève et de la police communautaire.

4 mars 2016. Le GIEI présente son rapport devant la souscommission des droits de l’homme au Parlement européen.

30 mars 2016. Le ministère de l’Intérieur annonce que le mandat du GIEI ne sera pas prolongé. Ses activités prendront fin en avril. 1er avril 2016. La PGR présente unilatéralement ses conclusions sur la troisième expertise concernant la décharge de Cocula et soutient à nouveau la thèse de la «  vérité historique  », qu’il considère comme définitive. Le GIEI dénonce la rupture de l’accord passé sur la confidentialité et le consensus.

2 avril 2016. L’EAAF réfute la troisième expertise de la PGR.

6 avril 2016. Le GIEI publie une note dans laquelle il réfute également cette expertise.

11 avril 2016. La PGR rend publique la deuxième partie du dossier Ayotzinapa.

24 avril 2016. Parution du deuxième rapport du GIEI. Il dément la thèse de la décharge, signale que des appels ont été effectués sur les téléphones des étudiants plusieurs heures après leur crémation supposée, et présente une vidéo qui met en évidence des irrégularités de procédure de la part de l’Agence d’investigation criminelle lors de la découverte des sacs contenant les restes osseux. Il informe que les différentes forces de police et les membres du crime organisé se sont coordonnés pendant plus de dix heures. Il assure aussi que les autorités n’ont pas suivi les pistes de recherche présentées, que des preuves ont été manipulées, détournées, et que certaines personnes, parmi lesquelles des officiers qui auraient participé aux disparitions, ont été protégées.

28 avril 2016. Suite aux révélations du GIEI, les parents des étudiants réclament la démission de l’homme qui se trouve à la tête de l’agence d’investigation criminelle, Tomás Zerón. Celui-ci affirme que des membres de l’ONU et de l’EAAF étaient témoins au moment de l’enquête dans la décharge, ce que nient aussitôt les personnes concernées.

10 mai 2016. L’agence de presse Associated Press diffuse des documents qui mettent en évidence que dix des principaux suspects ont été torturés pour obtenir des aveux qui confirment la thèse du gouvernement.

19 mai 2016. Un accord est signé entre le gouvernement fédéral et les familles pour créer un mécanisme de surveillance des recommandations du GIEI, coordonné par le rapporteur de la CIDH pour le Mexique.

9 juin 2016. Plusieurs mutations ont lieu au sein du personnel en charge de l’enquête. Pour les parents, cela confirme que des irrégularités ont été commises.

11 juillet 2016. La CNDH informe que Julio César Mondragón est mort des suites de coups et que son visage a ensuite été dévoré par un animal. L’EAAF ajoute que les traces animales sont accompagnées de celles d’objets tranchants.

18 août 2016. Les parents décident de suspendre les réunions de travail communes, car la PGR n’a pas tenu son engagement de mener au plus vite une enquête interne sur les irrégularités commises pendant l’expertise dans la rivière San Juan.

12 septembre 2016. Démission du responsable de l’enquête interne de la PGR sur les irrégularités de l’expertise dans la rivière San Juan le 28 octobre 2014.

14 septembre 2016. Démission de Tomás Zerón de Lucio, chef de l’Agence d’investigation criminelle, accusé d’être responsable d’irrégularités dans l’enquête. Quelques heures plus tard, il est nommé secrétaire technique du Conseil national de sécurité.

26 septembre 2016. Commémorations pour les deux ans de la disparition des étudiants.

Décembre 2016. Départ de la Caravane pour la mémoire et l’espoir, une marche des parents depuis l’État de Guerrero jusqu’à Mexico pour rappeler les deux ans de la disparition.